Le backgammon a une réputation trompeuse. Beaucoup de gens le découvrent en vacances, lancent les dés, déplacent leurs pions au feeling et concluent que tout se joue à la chance. Puis ils croisent un jour un joueur expérimenté, perdent dix parties d'affilée, et comprennent que quelque chose leur échappe. Ce quelque chose, c'est la stratégie. Le backgammon est l'un des rares jeux où le hasard et le calcul cohabitent en permanence, et c'est précisément ce qui le rend fascinant depuis cinq mille ans.
Chez Crawford Backgammon, nous fabriquons des plateaux pensés pour durer des décennies. Mais un bel objet mérite d'être bien utilisé. Ce guide rassemble tout ce qu'il faut savoir pour passer du statut de joueur occasionnel à celui de joueur que l'on ne bat plus par accident : les principes fondamentaux, les meilleures ouvertures, les quatre grandes stratégies de jeu, l'utilisation du videau et les erreurs qui coûtent le plus de parties. Comptez une lecture d'une quinzaine de minutes, et probablement plusieurs années de parties gagnées en plus.
Le backgammon est-il un jeu de chance ou de stratégie ?
Commençons par régler ce débat, parce qu'il conditionne tout le reste. Sur une partie isolée, les dés peuvent effectivement faire gagner un débutant contre un champion. C'est ce qui rend le jeu accessible et excitant : personne n'est jamais totalement hors course. Mais sur dix, vingt ou cinquante parties, le hasard se lisse et le niveau de jeu fait toute la différence. Les mêmes joueurs gagnent les grands tournois internationaux année après année, ce qui serait statistiquement impossible si tout reposait sur les dés.
La meilleure façon de le formuler est celle-ci : les dés décident des coups disponibles, le joueur décide du meilleur coup parmi eux. À chaque lancer, il existe souvent dix, quinze ou vingt façons légales de jouer ses pions. Le débutant en voit deux ou trois. Le joueur confirmé les évalue toutes, presque instantanément, en fonction de la position, du score et du risque. C'est là que se loge la stratégie, et c'est exactement ce que ce guide va vous apprendre à faire.
Un détail amusant au passage : la règle la plus célèbre du backgammon de compétition porte le nom de John R. Crawford, immense joueur américain du vingtième siècle. La règle de Crawford encadre l'usage du videau en fin de match et fait partie du règlement de tous les tournois sérieux dans le monde. Nous reviendrons sur cette règle plus bas, et oui, ce nom nous parle évidemment beaucoup.
Le pip count : la boussole de toutes vos décisions
S'il ne fallait retenir qu'un seul concept de cet article, ce serait celui-ci. Le pip count, c'est le nombre total de points que vos quinze pions doivent encore parcourir pour être tous sortis du plateau. En début de partie, chaque joueur démarre avec un pip count de 167. À tout moment, comparer votre pip count à celui de votre adversaire vous dit qui est en avance dans la course.
Pourquoi est-ce si important ? Parce que toute la stratégie du backgammon découle de cette information. Si vous êtes devant dans la course, votre intérêt est de simplifier le jeu, d'éviter les contacts, de courir vers votre jan intérieur et de sortir vos pions le plus vite possible. Si vous êtes derrière, c'est l'inverse : la course pure vous condamne, donc vous devez chercher le contact, construire des blocages, garder des pions en arrière pour frapper. Un joueur qui ne sait pas s'il est devant ou derrière joue à l'aveugle.
Au début, calculer le pip count exact en pleine partie est fastidieux. Voici la progression que nous recommandons :
→ Niveau 1 : estimez visuellement. Regardez où sont les masses de pions. Si vos pions sont globalement plus avancés que ceux de l'adversaire, vous menez probablement la course.
→ Niveau 2 : comptez les écarts. Plutôt que de calculer deux totaux complets, comptez uniquement les différences entre positions symétriques. C'est beaucoup plus rapide et largement suffisant pour décider.
→ Niveau 3 : le compte complet. Multipliez le numéro de chaque flèche par le nombre de vos pions qui s'y trouvent, additionnez le tout. Avec l'habitude, cela prend moins d'une minute, et certains joueurs de tournoi le font en quinze secondes.
La règle d'or qui en découle : quand vous menez la course, courez. Quand vous êtes derrière, battez-vous. La majorité des erreurs stratégiques des joueurs intermédiaires viennent d'une violation de ce principe, par exemple chercher la bagarre alors qu'ils mènent confortablement, ou courir alors qu'ils sont irrémédiablement distancés.
Les ouvertures : bien jouer ses premiers coups
Le premier lancer de la partie ne comporte jamais de double, ce qui laisse quinze combinaisons possibles. Pour chacune, des décennies d'analyse humaine puis informatique ont établi les meilleurs coups. Les connaître par cœur vous donne un avantage immédiat et gratuit, car beaucoup de vos adversaires improviseront. Voici les ouvertures essentielles, en notation standard où 24 est votre point le plus éloigné et 1 votre flèche la plus proche de la sortie.
→ 3-1 : jouez 8/5 et 6/5. C'est la meilleure ouverture du jeu, sans aucun débat. Vous fabriquez immédiatement votre point 5, surnommé le point d'or, la flèche la plus précieuse de tout le plateau. Si vous obtenez ce lancer, souriez intérieurement et jouez-le sans réfléchir.
→ 6-1 : jouez 13/7 et 8/7. Vous construisez votre point 7, la barre, qui amorce un blocage redoutable devant les pions arrière adverses.
→ 4-2 : jouez 8/4 et 6/4. Vous fabriquez votre point 4, une excellente flèche intérieure qui renforce votre jan et prépare les attaques.
→ 5-3 : jouez 8/3 et 6/3. La fabrication du point 3 est aujourd'hui considérée comme le meilleur coup, devant les anciennes recommandations de déplacement.
→ 6-5 : jouez 24/13. Le célèbre saut de l'amoureux. Un de vos pions arrière s'échappe d'un coup jusqu'à votre case de réception, en parfaite sécurité.
→ 6-4 : deux options se valent, 24/14 pour courir ou 8/2 6/2 pour construire. La course est le choix le plus simple à jouer pour un joueur en progression.
→ 5-4, 4-3, 3-2 : descendez généralement un pion arrière et un pion de votre case 13, en combinant avancée et flexibilité.
→ 2-1, 4-1, 5-1 : les petits lancers. Le coup standard consiste à jouer 13/11, 13/9 ou 13/8 avec le grand dé et 24/23 avec le petit, ce qu'on appelle le split, qui diversifie vos pions arrière.
Ne cherchez pas à tout mémoriser d'un coup. Retenez d'abord les quatre premiers, qui sont les plus fréquents et les plus rentables, puis complétez au fil des parties. L'important est de comprendre la logique commune : les bons coups d'ouverture fabriquent des points utiles, libèrent les pions arrière ou préparent les deux.
Les quatre grandes stratégies du backgammon
Toute partie de backgammon finit par s'orienter vers l'un des quatre plans de jeu fondamentaux. Savoir les reconnaître, et surtout savoir lequel correspond à votre position, est la marque du joueur confirmé.
La course pure
C'est la stratégie la plus simple : quand le contact entre les deux camps est rompu ou sur le point de l'être, la partie devient une pure course de vitesse. Si votre pip count est meilleur, cherchez activement à casser le contact, échangez les frappes potentielles contre de la sécurité, et ramenez tout le monde à la maison. La course pure ne demande presque plus de décisions stratégiques, seulement une sortie de pions efficace : sortez un pion à chaque lancer quand c'est possible et évitez de laisser des pions isolés sur vos flèches hautes.
Le blitz
Le blitz est une attaque éclair. L'idée est de frapper les pions adverses et de fermer vos flèches intérieures le plus vite possible pendant que l'adversaire est coincé à la barre. Un blitz réussi se termine par un jan intérieur fermé, l'adversaire impuissant avec un ou deux pions prisonniers, et très souvent un gammon à la clé. Le blitz se déclenche quand l'adversaire laisse des pions vulnérables dans votre camp et que vous disposez de munitions, c'est-à-dire de constructeurs prêts à fabriquer des points. C'est une stratégie à haut risque et haute récompense : si l'attaque échoue, votre position se retrouve souvent désorganisée.
Le jeu de blocage, ou priming
Le prime est un mur de points consécutifs. Quatre points d'affilée gênent sérieusement l'adversaire, cinq le paralysent presque, six le bloquent totalement : aucun lancer ne permet de sauter par-dessus six flèches tenues. La stratégie de blocage consiste à construire ce mur devant les pions arrière adverses, puis à le faire avancer méthodiquement comme un rouleau compresseur. C'est le plan de jeu le plus solide et le plus esthétique du backgammon, celui qui demande le plus de patience et de technique dans la gestion du timing. Le grand danger du prime est de s'effondrer trop tôt, quand vos lancers vous forcent à casser vos points avant que les pions adverses soient définitivement piégés.
Le backgame
Le backgame est la stratégie du joueur largement distancé dans la course. Plutôt que de courir vers une défaite certaine, vous conservez délibérément deux points dans le jan intérieur adverse, idéalement des points bas et adjacents, et vous attendez. L'adversaire devra tôt ou tard rentrer ses pions et les sortir en passant devant vos positions, et c'est là que vous frappez. Un backgame bien mené transforme une position désespérée en piège mortel. C'est la stratégie la plus difficile à exécuter correctement, car tout repose sur le timing : il faut que votre structure arrière tienne jusqu'au moment de la frappe, sans s'écrouler avant. Ne choisissez jamais un backgame de gaieté de cœur, c'est un plan de survie, pas un plan de carrière.
Le fil conducteur entre ces quatre stratégies, c'est toujours le pip count. Devant dans la course, vous penchez vers la course pure ou le blitz. Derrière, vous penchez vers le blocage ou le backgame. La position des pions fait le reste.
Le videau : l'arme la plus puissante et la plus mal utilisée du jeu
Parlons maintenant du gros cube marqué 2, 4, 8, 16, 32 et 64 qui dort dans la plupart des coffrets sans jamais servir. Le videau, ou doubling cube, est l'invention qui a transformé le backgammon dans les années 1920 à New York. Il permet à tout moment de proposer de doubler l'enjeu de la partie. L'adversaire accepte et la partie continue pour le double, ou refuse et abandonne immédiatement en perdant la mise simple.
Pourquoi est-ce révolutionnaire ? Parce que le videau introduit une deuxième couche de jeu par-dessus le déplacement des pions. Vous ne jouez plus seulement vos dés, vous jouez l'évaluation de la position. Et toutes les études le confirment : les erreurs de videau coûtent plus de points aux joueurs amateurs que les erreurs de déplacement. Voici les principes essentiels.
Quand doubler ? L'intuition des débutants est d'attendre d'être quasiment certain de gagner. C'est une erreur majeure : si vous doublez quand votre victoire est acquise, l'adversaire refuse et vous ne gagnez qu'un point au lieu de deux. Le bon moment pour doubler, c'est quand vous avez un avantage net mais que la partie reste disputée, typiquement autour de 65 à 75 pour cent de chances de gain. Vous mettez alors l'adversaire face à un vrai dilemme, et les deux réponses possibles vous arrangent.
Quand accepter un double ? C'est le calcul le plus contre-intuitif du backgammon. Refuser un double coûte un point, à coup sûr. Accepter et perdre coûte deux points, mais accepter et gagner en rapporte deux. La conséquence mathématique : il faut accepter dès que vos chances de gagner dépassent 25 pour cent environ, hors considérations de gammon. Un quart de chances seulement. La plupart des joueurs refusent beaucoup trop de doubles et abandonnent des points qu'ils auraient dû disputer. Si vous ne retenez qu'une chose : une position qui paraît mauvaise est très souvent encore largement prenable.
La règle de Crawford, justement. En match, quand un joueur arrive à un point de la victoire, le videau est interdit pendant une partie exactement, celle qui suit immédiatement. C'est la partie Crawford, du nom de John R. Crawford qui a contribué à formaliser cette règle. Elle empêche le joueur mené au score de doubler systématiquement sans rien risquer, et elle fait partie du règlement officiel de tous les tournois. Si vous jouez des matchs en plusieurs points avec vos proches, adoptez-la, elle équilibre magnifiquement les fins de match.
Les probabilités que tout joueur devrait connaître
Pas besoin d'être mathématicien, mais quelques chiffres changent immédiatement la qualité de vos décisions. Deux dés produisent 36 combinaisons possibles. Voici ce qu'il faut en retenir.
→ Un double précis a une chance sur 36 de sortir. N'espérez jamais un double pour vous sauver, mais souvenez-vous que sur une longue séquence, il en sort en moyenne un lancer sur six.
→ Laisser un pion isolé à distance directe d'un pion adverse, c'est offrir une frappe. Un blot à 1 du tireur est touché 11 fois sur 36, à 2 c'est 12 sur 36, et la probabilité reste élevée jusqu'à 6 avec 17 chances sur 36. Au-delà de 6, seules les combinaisons de deux dés peuvent frapper et le risque chute brutalement : à 7, on tombe à 6 sur 36, à 8 également, puis encore moins loin derrière.
→ La conclusion pratique : quand vous devez laisser un blot, laissez-le soit très près du tireur, soit à plus de 6 flèches, et évitez à tout prix la zone des frappes directes, surtout à 6 qui est la distance la plus dangereuse du jeu.
→ Pour rentrer de la barre contre un jan adverse, vos chances dépendent du nombre de flèches ouvertes : 5 ouvertes donnent environ 97 pour cent de réussite, 3 ouvertes environ 75 pour cent, 2 ouvertes environ 56 pour cent, et une seule ouverte tombe à 31 pour cent. Chaque point que vous fermez dans votre jan intérieur étrangle littéralement l'adversaire.
Ces ordres de grandeur suffisent pour 95 pour cent des décisions de partie. Le reste vient avec l'expérience.
Les sept erreurs qui coûtent le plus de parties
Après des années à observer des joueurs de tous niveaux autour de nos plateaux, voici les fautes qui reviennent constamment.
→ Jouer la sécurité absolue. Le joueur qui refuse tout risque empile ses pions sur trois flèches, ne construit rien et finit broyé. Le backgammon récompense le risque calculé, pas la prudence systématique.
→ Casser ses points arrière trop tôt. Vos points dans le camp adverse sont votre assurance vie tant que la course n'est pas gagnée. Les abandonner par confort revient à brûler son parachute en plein vol.
→ Ignorer le videau. Jouer sans videau, c'est jouer à la moitié du jeu. Et jouer avec en ne doublant que sur victoire certaine, c'est l'utiliser à l'envers.
→ Refuser trop de doubles. On l'a vu, 25 pour cent de chances suffisent pour prendre. Abandonner des positions jouables est une hémorragie silencieuse de points.
→ Empiler plus de cinq pions sur une flèche. Chaque pion au-delà du cinquième est un pion mort qui ne participe plus au jeu. Répartissez, diversifiez, gardez des constructeurs actifs.
→ Frapper systématiquement. Toucher un pion adverse n'est pas toujours bon. Si la frappe expose vos propres pions ou ruine votre structure alors que vous menez la course, elle vous dessert. Frappez avec un objectif, pas par réflexe.
→ Jouer trop vite les coups évidents. Le lancer paraît n'offrir qu'un coup, vous le jouez en deux secondes, et vous ratez la combinaison alternative qui changeait la partie. Prenez trois secondes de plus, systématiquement.
Comment progresser concrètement
La théorie ne remplace pas la pratique, mais la pratique sans analyse fait stagner. Voici le programme qui fonctionne.
Jouez régulièrement contre plus fort que vous. C'est inconfortable et c'est exactement le but. Chaque défaite contre un bon joueur enseigne plus que dix victoires faciles. Si votre entourage manque d'adversaires, la France compte des clubs actifs dans la plupart des grandes villes, et la communauté française du backgammon organise des tournois ouverts à tous les niveaux tout au long de l'année. L'ambiance y est remarquablement accueillante pour les nouveaux venus, et il n'est pas rare d'y affronter des joueurs de niveau international autour d'un café.
Analysez vos parties. Les logiciels d'analyse modernes évaluent chaque coup d'une partie et identifient vos erreurs avec une précision implacable. Rejouer ses dix dernières parties en notant les fautes récurrentes vaut tous les manuels. Vous découvrirez généralement que vos erreurs ne sont pas aléatoires : chacun a ses biais, trop prudent, trop agressif, aveugle au videau, et les connaître permet de les corriger.
Travaillez un thème à la fois. Une semaine sur les ouvertures, une semaine sur le pip count, une semaine sur les décisions de videau. Le cerveau intègre mieux les concepts isolés que le tout-en-même-temps.
Et jouez sur un vrai plateau. Cela peut sembler intéressé venant de nous, et ça l'est un peu, mais c'est aussi profondément vrai : le backgammon physique impose un rythme de réflexion que l'écran détruit. Sur un plateau, on visualise les distances, on compte les pips des yeux, on manipule le videau, on ressent la partie. Les meilleurs joueurs du monde s'entraînent sur logiciel mais jouent leurs matchs sur du feutre et du cuir, et ce n'est pas un hasard.
Le matériel a-t-il une influence sur le niveau de jeu ?
Question légitime, réponse nuancée. Un plateau ne jouera jamais les coups à votre place. En revanche, un plateau aux dimensions sérieuses change réellement l'expérience stratégique. Sur un petit plateau de voyage, les flèches tassées rendent la lecture de position difficile et le comptage approximatif. Sur un plateau de taille tournoi, la position se lit d'un regard, les distances sont évidentes, le pip count devient naturel. C'est exactement la différence entre déchiffrer une carte routière froissée et lire un écran GPS.
Les pions comptent aussi plus qu'on ne croit. Des pions lourds, stables, au diamètre généreux, se manipulent vite et précisément, ce qui fluidifie le jeu et libère l'attention pour la réflexion. Des dés de précision aux arêtes nettes garantissent des lancers réellement aléatoires. Et un videau digne de ce nom, présent sur le plateau et non oublié dans la boîte, rappelle à chaque partie qu'il fait partie du jeu.
C'est cette philosophie qui guide la fabrication de nos backgammons : des plateaux en cuir vegan aux dimensions pensées pour le jeu sérieux, des pions équilibrés, un videau qui invite à être utilisé. Si le sujet du choix d'un plateau vous intéresse, nous avons consacré un guide complet aux tailles de backgammon et un comparatif détaillé des matériaux, disponibles sur notre blog.
Questions fréquentes sur la stratégie au backgammon
Combien de temps faut-il pour devenir bon au backgammon ? Les règles s'apprennent en quinze minutes, les fondamentaux stratégiques de ce guide en quelques semaines de pratique régulière. Atteindre un niveau de club solide demande généralement six mois à un an de jeu analysé. La maîtrise complète, notamment du videau, occupe agréablement une vie entière.
Quelle est la meilleure ouverture au backgammon ? Le 3-1, joué 8/5 et 6/5, qui fabrique immédiatement le point d'or. C'est le seul lancer d'ouverture dont le meilleur coup ne souffre aucune discussion.
Faut-il toujours frapper un pion adverse quand c'est possible ? Non. La frappe est excellente quand elle fait gagner du temps dans la course ou alimente une attaque, mais elle peut être mauvaise si elle expose vos pions ou détruit votre structure. La question à se poser : cette frappe sert-elle mon plan de jeu, ou juste mon plaisir immédiat ?
À partir de quand faut-il proposer le videau ? Dès que vous estimez vos chances de victoire autour de 65 à 75 pour cent. Doubler trop tard, sur une victoire acquise, fait fuir l'adversaire et divise vos gains par deux.
Le backgammon se joue-t-il en un certain nombre de points ? Entre amis, on joue souvent partie par partie. En match, on joue en un nombre de points impair, 5, 7, 11 ou plus, le videau et les gammons accélérant le score. C'est le format des tournois, et c'est aussi le plus intéressant stratégiquement.
En résumé
Le backgammon se joue avec des dés mais se gagne avec la tête. Retenez la hiérarchie des apprentissages : d'abord le pip count, qui dicte si vous devez courir ou combattre. Ensuite les ouvertures, avantage immédiat et gratuit. Puis les quatre plans de jeu, course, blitz, blocage, backgame, et la lucidité de choisir le bon. Enfin le videau, l'arme qui sépare définitivement les joueurs du dimanche des joueurs tout court.
Et puis jouez. Beaucoup. De préférence face à de vrais adversaires, autour d'un vrai plateau, avec un videau qui sert. Cinq mille ans après ses origines mésopotamiennes, le backgammon reste ce qu'il a toujours été : le plus élégant des champs de bataille. Autant y arriver armé.
Crawford Backgammon conçoit des backgammons haut de gamme en cuir vegan, fabriqués à la main et pensés pour le jeu comme pour l'objet. Découvrez nos collections sur www.crawford-backgammon.fr.



















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